Dimanche 17 février 2008
Demain, Le Chesnay ville conviviale
Deux grands oubliés au Chesnay : le théâtre d’auteur et l’art contemporain.
« De la surprise, de l’ambition ! »
A la demande d’Ensemble à gauche au Chesnay, Marie-Mathilde Gay, étudiante en Master 1 - Conception et direction de projets culturels à l'UFR de
Médiation culturelle à la Sorbonne Nouvelle – Paris 3, a analysé la programmation et la politique culturelles municipales. Cette Nancéienne, qui a multiplié les séjours au Chesnay, livre un
constat peu flatteur pour la Ville.
Théâtre : ça sonne souvent le creux
« Le Chesnay propose un abonnement, politique qu’il faut poursuivre.
« Les prix des places sont un peu élevés.
« Pourquoi si peu de dates ? Les représentations pourraient se succéder sur deux ou trois jours.
« Mettre en place des partenariats entre les écoles et le théâtre, c’est bien ; mais au-delà des pièces classiques, ce serait mieux, le théâtre
actuel méritant aussi d’être vu et expliqué aux collégiens et lycéens.
« Une proposition : organiser davantage de stages (adolescents et adultes ; stages d’écriture et ateliers amateurs) pendant les vacances
scolaires, l’objectif essentiel étant de faire vivre le théâtre – à la fois le Théâtre Nouvelle France (TNF) et le genre artistique -, afin qu’il ne soit pas qu’une coquille vide entre les
représentations, même si ces dernières peuvent faire fort heureusement beaucoup de bruit, lorsqu’il s’agit de matches d’improvisation théâtrale.
Musique : élitiste
« La programmation musicale est trop élitiste : on ne sort pas du registre classique et jazz. Correspond-t-elle vraiment à la demande du
public ? On peut en douter.
« Pourquoi ne pas inviter des groupes émergeants de la région, quel que soit le genre ? Il convient de toucher les jeunes pour les amener à
fréquenter des institutions culturelles qu’ils pensent inaccessibles pour eux.
« La Ville du Chesnay doit être absolument plus ambitieuse, en intégrant par exemple du slam dans des soirées poésie, ou en proposant des spectacles de
danses urbaines.
Expositions : « munici-pâles »
« Le Chesnay dispose de la salle d’exposition Maurice Cointe. Elle doit être « dépoussiérée ». C’est une salle municipale. Ou plutôt,
« munici-très-pâle », avec des expos quelque peu vieillottes à l’image de celle sur les champignons.
« Là aussi, il s’agit de mener une politique de programmation annuelle ambitieuse, avec des artistes contemporains qui posent une vraie problématique
dans leurs œuvres. Que Le Chesnay cesse de réserver cette salle pour les expositions des associations et les thés dansants ! Il en faut pour tous les appétits et pour toutes les générations.
La fête des Chênes Verts, notamment, peut rassembler avantageusement artistes, spectacles, animations et associations ; l’art excellent et l’art honorable.
Evénement : un festival serait le bienvenu
« Je suis convaincue que les manifestations dites événementielles fédèrent et donnent une identité à une ville. Le Chesnay dispose d’un joli théâtre,
alors pourquoi ne pas créer un festival sur une semaine qui pourrait animer le TNF et la ville autrement.
Privilégier les partenariats, la médiation et l’information
« Le développement culturel passe par un partenariat entre Le Chesnay et Versailles (un abonnement au TNF permettrait d’accéder à moindre frais à un
spectacle dans une salle versaillaise…), entre Le Chesnay et le Département des Yvelines (avec l’instauration d’une carte culture intéressant et avantageant la jeunesse).
« Ce développement passe aussi par la multiplication des expositions (l’art contemporain, j’insiste, a droit de cité, dans et hors les murs, dans les
salles et dans les rues). C’est : surprendre les Chesnaysiens dans leur quotidien ; investir des lieux publiques ; privilégier la médiation culturelle (notamment en ne
laissant pas le public seul face à une œuvre…).
« Reste l’information culturelle, essentielle. Un exemple : le pavillon de la musique semble être un endroit clé pour tous les amoureux de la
musique. Semble, puisque la Ville a oublié ou évite sa promotion. Qu’en pensent les aficionados de la musique pop-rock ou électro ? »

Interview de Joëlle WELSING

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