Demain, Le Chesnay ville sous surveillance
Rue des
Deux Frères, une zone sous surveillance
Vers "une société de surveillance" ?
Le maire du Chesnay a commencé à mettre en place depuis un an un large programme de vidéosurveillance, sans le soutien, il est vrai, des élus de
gauche. Cette initiative pose de multiples questions sur son opportunité au Chesnay, sur son exploitation électorale, mais aussi plus profondément, sur l’évolution de notre
société
Depuis un an Le Chesnay a commencé à se doter d’un système de vidéosurveillance pour « renforcer la gestion de la prévention des risques pour un maximum
de sécurité à la population » (Evénements magazine, juin-juillet-août 2007).
Il est vrai que notre ville suit en ce moment une tendance , qui se développe notamment en Ile de France, où des caméras fleurissent dans les rues, jusqu’à la
caricature parfois, et accompagnées d’une forte communication municipale.
Serait-ce donc ça la solution miracle pour ramener paix et sécurité dans la ville ? Une évidence pour certains. En fait, pas si
simple !
Car en réalité, beaucoup de questions se posent concernant l’utilisation de ces caméras d’une façon générale, et au Chesnay en particulier. Quelques unes parmi
celles-là :
Questions d’opportunité : Une vidéosurveillance peut parfois se justifier dans des endroits très spécifiques (ex : parkings
souterrains) dans certaines conditions. Mais quand « la délinquance est très basse dans la circonscription de Versailles incluant Le Chesnay » selon Gil Andreau, commissaire principal
de Versailles, pourquoi mettre en place un tel système, sachant que les caméras installées aujourd’hui sont annoncées comme une première phase ?
Questions d’ efficacité : des études ont été menées depuis 15 ans par des chercheurs britanniques, et très peu ont pu apporter la
preuve de l’efficacité des caméras dans la prévention de la délinquance. Le constat général est un déplacement éventuel de la délinquance dans d’autres quartiers, ou un changement de mode
opératoire des auteurs d’infractions.
Questions d’atteinte aux libertés fondamentales : la communication municipale se veut très rassurante sur ce point. Encore une fois ,
pas si simple ! Surtout quand les caméras sont équipées de téléobjectifs permettant d’identifier les plaques d’immatriculation et les personnes, comme c’est le cas au Chesnay.
Alors, voulons-nous l’avènement d' "une société de surveillance" ?
Ce n’est pas notre choix, et d’autres moyens d’améliorer la sécurité des habitants sont possibles. C’est sûrement ce même esprit qui a amené , par exemple, des
grandes villes américaines et un pays comme le Danemark à renoncer à la vidéosurveillance.
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