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Interview de Joëlle WELSING

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Ensemble à gauche au Chesnay

Samedi 2 février 2008

 

Demain, Le Chesnay ville solidaire et conviviale

  

Joelle WelsingJoëlle Welsing : « Le dernier recensement officiel démontrait la présence de plus de 5 % de logements vacants ! Il y a un vrai travail à faire avec les propriétaires. »

 
Interview de Joëlle Welsing, tête de liste d’« Ensemble à gauche au Chesnay »
 



« Nos deux priorités budgétaires : le logement – avec un investissement fort dans le logement social - et le développement durable »

 
Quelle est la première des priorités dans le programme de la liste « Ensemble à gauche au Chesnay » ?
Joëlle Welsing - Le logement est notre cheval de bataille depuis de nombreuses années. Le Chesnay ne compte en 2008 que 11 % de logements sociaux. Cela fait quinze ans que l’on oscille entre 9 % et 11 %, soit seulement la moitié du seuil imposé par la loi SRU, la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains. Aujourd’hui, au Chesnay, il n’y a aucune volonté politique de mixité sociale. Au sujet du « problème de réserve foncière », étrangement, on s’aperçoit que depuis dix ans la municipalité vend des terrains à des promoteurs privés qui ne font pas particulièrement dans le social. Notamment sur la plaine de jeux, au niveau de l’ancienne déchèterie. Aujourd’hui, à cet endroit, il y a des logements de luxe. L’argument du manque de réserve foncière ne tient pas. Notre objectif est de faire un audit sur Le Chesnay pour connaître précisément les possibilités de construction. Par exemple, devant la piscine, il y a toute une série de maisons individuelles qui appartiennent à la Ville. Je pense que ce serait très bien de vendre ces terrains à un office d’HLM, afin qu’il puisse y réaliser une véritable opération de mixité, mêlant logements sociaux et logements intermédiaires, une opération intelligente évitant la constitution d’un ghetto. Cela permettrait aux jeunes de ne pas quitter Le Chesnay. Cela donnerait des logements aux aides soignantes et aux infirmières qui travaillent à l’hôpital Mignot. D’autre part, le dernier recensement officiel démontrait la présence de plus de 5 % de logements vacants ! Il y a un vrai travail à faire avec les propriétaires. Pourquoi ne pas les subventionner pour qu’ils réalisent des travaux et qu’ils fixent un loyer plafond ?
 
On se doute que le respect de l’environnement et le développement durable figurent aussi en bon rang dans votre programme…
Joëlle Welsing – Nous avons axé notre programme sur un « Agenda 21* » local, c’est-à-dire d’abord une cartographie de la ville, un diagnostic complet, pour vraiment voir et sérier les problèmes. C’est quelque chose d’enthousiasmant pour les élus et pour la population. J’aime bien le slogan « Penser globalement, agir localement ». Le projet de « site propre » pour la circulation du « B » - une des lignes de bus qui relient Le Chesnay à Versailles -, tel que le Syndicat des transports d’Ile-de-France nous l’a présenté, repensait tous les modes de transports. Une municipalité doit aussi savoir aller, parfois, à l’encontre du courant majoritaire. Par exemple, au Chesnay c’est actuellement le règne du « tout voiture ». Je me suis élevée contre l’achat par la municipalité de 4X4 qui équipent la police municipale. C’est écologiquement désastreux. Et en plus inefficace. Je pense que les élus et les fonctionnaires territoriaux, que la Ville, sa municipalité et son administration doivent donner l’exemple. On ne peut pas afficher « Le Chesnay, ville nature », lorsque l’on constate tristement l’absence, durable, de pistes cyclables. « Le Chesnay, ville voitures », voilà la formule qui correspond le mieux à la réalité. Pour revenir à l’Agenda 21, sa grande qualité, c’est qu’il s’agit d’un processus où les élus sont forcément face à la population, aux écoles, aux commerçants, à tous les acteurs quotidiens de la vie locale, et donc face à leurs vraies responsabilités. Mais ce que j’aime surtout dans l’Agenda 21, ce sont ses trois dimensions : économique, sociale, environnementale. Oui, l’Agenda 21 est une belle illustration du « penser globalement » !
 
Les rues du Chesnay, « ville voitures » si l’on reprend votre expression, deviennent de plus en plus encombrées. Quelle est la solution ?
Joëlle Welsing – Il faut absolument renouer le dialogue avec Versailles. J’étais une des seules à trouver intéressant le projet de circulation du « B » en site propre. Il y a pourtant un sérieux problème de circulation provoqué en grande partie par les nombreux automobilistes qui traversent la ville. Je pense qu’il faut les convaincre d’utiliser davantage les transports en commun. Prolonger le projet de ligne de tramway Châtillon – Vélizy – Viroflay par Versailles et Le Chesnay constitue la solution adéquate, pour ce qui est du long terme. Mais le fait que Le Chesnay ne fasse pas partie de la Communauté de communes du Grand Parc pose un problème : la réflexion sur la circulation et les transports sans intercommunalité n’a pas beaucoup de sens.
 
Le budget de la Ville entre vos mains, que faites-vous et qu’évitez-vous de faire ?
Joëlle Welsing - Nos deux priorités budgétaires sont le logement – avec un investissement fort dans le logement social - et le développement durable. Et il y a les choses qui ne sont pas prioritaires du tout, comme la première enveloppe de 200 000 euros consacrée à la vidéo-surveillance au Chesnay par l’actuelle municipalité. D’autre part, peu de choses ont été faites pour les jeunes de la tranche 18-25 ans : pas de MJC, pas de lieu d’accueil... En ce qui concerne les loisirs et la culture, j’ai voté contre la salle polyvalente. C’est un projet qui ne peut se faire que dans un contexte intercommunal. Le tout - médiathèque, salle polyvalente, parkings - a un coût impressionnant : 22 millions d’euros, rien que pour les murs, auxquels devront s’ajouter les dépenses de fonctionnement. Qu’il y ait une salle plus grande pour recevoir différentes festivités, j’étais tout à fait d’accord. Mais ce gigantesque investissement pour une salle de 600 places ne peut pas être supporté par le seul budget de la Ville du Chesnay. Là aussi, la réflexion municipale en amont du projet a été inconséquente.

 

*L’Agenda 21 est un programme d’actions pour le 21e siècle orienté vers le développement durable. Il a été adopté par les pays signataires de la Déclaration de Rio de Janeiro en 1992. Ses principales fonctions sont la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, la production de biens et de services durables, la protection de l’environnement. En adoptant la Stratégie nationale de développement durable en 2003, la France a décidé de favoriser la mise en place de 500 Agendas 21 locaux en cinq ans.

 

 

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